On interviewe les fondatrices de Druydès, une entreprise locale et véritablement “eco-friendly”

femme chevelure végétale just women it

Parfois tout est lié ! A l’occasion du Coup de Pouce Just Women It et de l’émission du Curious Live de demain, 18h10, nous vous proposons, en exclusivité sur le Curious Blog, l’interview entière des fondatrices de Druydès

Druydès, c’est une entreprise bourguignonne de cosmétiques naturels et écologiques fondée par deux femmes, Fanny et Gwen. Découvrez leur passion en écoutant, ou en lisant, notre interview ! 

N’hésitez pas à écouter RCF en Bourgogne (88.3) ce jeudi 19 novembre, où nous aborderons le sujet “Cosmétiques : prise de conscience et des nouveaux regards”

Fanny et Gwen, les fondatrices de Dryudès, l'interview intégrale par Elise Jager.

ELISE : Parlez-nous de vous, vos parcours, vos valeurs, votre marque… Qu’est-ce qui vous a motivé́ à créer des produits naturels ? Oui, bon, c’est plusieurs questions en une, mais on est intéressées de savoir par quoi ça a commencé en fait tout ça.

FANNY : Alors, je vais commencer et Gwen prendra le relais. En fait, j’ai des enfants qui ont pas mal d’allergies, alimentaires et de contact, et j’avais de gros soucis avec les produits que je leur mettais sur le corps, pour les laver ou avec les crèmes. Donc j’ai commencé à m’intéresser, moi qui ne vient pas du tout en fait de ce milieu-là, à la cosmétique naturelle, et je me suis rendu compte qu’il pouvait y avoir plusieurs résultats et surtout qu’on me conseillait une crème par exemple pour ma fille qui est allergique à la protéine de lait, et on me conseillait une crème dont le liant pour son exéma était de la protéine de lait… donc je ne faisais qu’aggraver son allergie sans le savoir. Et je me suis rendu compte qu’il y avait pleins, pleins d’allergènes dans beaucoup de produits pharmaceutiques qu’on nous proposait, et que ce n’était pas forcément mis en avant tout de suite, donc moi j’ai commencé comme ça.

Mais en fait une marque de cosmétique ça ne se lance pas comme ça sur le marché, moi ne venant pas du tout de la chimie, de la formulation ou n’étant pas du tout scientifique je ne pouvais pas m’inventer cheffe de labo et « bah tiens je vais faire un petit produit et je vais aller le vendre »… non c’est extrêmement normalisé donc il fallait que je m’associe à quelqu’un qui avait les compétences nécessaires et les diplômes nécessaires ; et en fait c’est une personne qu’on connaissait qui nous a mis toutes les deux en relation, puisque Gwen a donc un profil scientifique, ce que je n’ai pas du tout, et elle est donc capable de créer elle, et de mettre -enfin elle vous dira plus – mais de faire tout ce qui est dossiers réglementaires, formulations etcétéra. Donc voilà c’est parti en fait de là, pour moi.

ELISE : Donc du coup Gwen vous êtes un peu la chimiste du groupe ?

FANNY : La chimiste même

GWEN : Exactement, c’est tout à fait ça ! En fait je suis chimiste formulatrice de métier et d’expérience, et j’avais envie de changer, je ne voulais plus travailler pour des grands groupes ou voilà, faire ce que je faisais. Et puis effectivement, donc je me suis dit « tiens je voudrais faire quelque chose dans le naturel » mais je n’avais pas de projet particulier. Effectivement la cosmétique m’intéressait beaucoup mais, voilà je n’avais pas de projet concret, pas comme Fanny. Et c’est vrai que quand on m’a présenté Fanny en fait ça a été… c’est vrai que des fois on dit un peu c’est, pas comme un coup de foudre mais presque, parce que tout de suite ça a matché, on avait beaucoup de points communs, au final ce premier rendez-vous de parler du projet de Fanny ça a vite dérivé sur « mais… comment tu cuisines ? » et « ah toi aussi t’as vu ce bouquin, t’as vu cette recette elle est sympa !». Et puis de fil en aiguille on a décidé de s’associer. Et c’est vrai que voilà on est tout à fait complémentaires ; Fanny c’est vraiment celle qui va faire toute la gestion, l’administratrice en fait finalement de l’entreprise. C’est elle qui a tout ce poste-là finalement de présidente et de gestion totale finalement de l’entreprise. Et du coup moi c’est plus sur la partie technique où effectivement je vais gérer des productions, des formulations, et toute la partie réglementaire.

ELISE : Du coup justement vous parliez des cosmétiques et tout – je pense qu’on a des auditeurs qui ne vont pas forcément savoir ce que c’est en fait la Slow Cosmétique. Est-ce que vous pourriez essayer de définir en quelques mots, ce que vous faites, je veux dire votre marque en général ce qu’elle fait, est-ce que vous pouvez nous dire ça en deux mots ?

FANNY : Alors Gwen cherche avant tout à formuler un cosmétique avec le moins d’ingrédients possible. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de superflu, pas de chichi. Il n’y a pas de parfum par exemple, pas de colorants, pas de huiles essentielles, mais elle cherche vraiment à avoir un produit brut, efficace, qui marche – avec moins de 10 ingrédients. Par contre la Slow Cosmétique elle saura plus le définir que moi, ce que c’est exactement.

GWEN : Alors la Slow Cosmétique en fait c’est une association qui vient de Julien Kaibeck, qui s’est inspiré de la Slow Food, donc c’est belge. C’est une association qui a pour vocation d’avoir quatre grands piliers dans l’association, donc y a des valeurs éthiques, y a des valeurs en termes de communication/marketing, c’est-à-dire qu’on ne doit pas marketer comme va le faire par exemple un Dove ou un L’Oréal, on doit avoir quelque chose de slow et de cohérant finalement avec les valeurs qu’on prône. Donc déjà y a ça, pas de greenwashing bien évidemment. Y a aussi le choix des ingrédients, donc essayer, essayer bien sûr c’est toujours pareil, c’est compliqué, mais de choisir des choses un petit peu pur et de respecter les ingrédients, et de les choisir en conscience. Voilà, d’avoir des formules qui respectent à peu près un cahier des charges donc on n’est pas forcément sur le même cahier des charges que le bio, mais c’est sur un cahier des charges quand même aussi un peu éthique, c’est-à-dire qu’on ne va pas aller prendre un beurre de karité où justement c’est des femmes qui sont très mal payées en Afrique par exemple, on va plutôt choisir du commerce équitable, ce genre de choses.

Donc c’est vrai qu’ils étudient, en fait c’est un jury, donc il y a des experts, y aussi beaucoup de bénévoles dans l’association. Y a aucune marque qui peut être dans les jurys d’examen pour ne pas justement fauter l’entrée finalement, [pour pas qu’il y ait] un blocage ou au contraire un appui un peu trop… insistant. Et donc du coup finalement c’est ce jury d’experts et de bénévoles qui va statuer si la formule répond aux critères, si toutes les informations réglementaires sont bien à jour aussi. On va nous demander par exemple de justifier le numéro d’entrée au portail européen du cosmétique pour bien justifier que la mission de marché a été faite avant, qu’on répond à certaines autres normes réglementaires aussi par rapport à la norme européenne. Ça va être tout un tas de choses comme ça, de justifier aussi un packaging quand même un petit peu éco-consciencieux minimum, de pas non plus, voilà faire… dans le cra-cra comme dit souvent Fanny ! Je te pique ta formule !

Donc voilà, en gros, pour pas rentrer trop non plus dans le détail, ou que ça devienne un tout petit peu long, voilà en gros ce qu’est la Slow Cosmétique.

ELISE : Mais du coup justement on se demandait comment on choisit la matière première. Ce n’est pas compliqué de trouver des fournisseurs qui répondent à tous ces critères en même temps ? Est-ce que vous allez à leur rencontre, est-ce que vous les testez avant … est-ce qu’il y a une façon de faire particulière ?

GWEN : Je pense que…

FANNY : Je pense que…

GWEN : Pardon, vas-y

FANNY : Non non, bon j’allais justement dire que t’avais un cahier des charges, toi, elle a un cahier des charges extrêmement précis sur déjà les matières premières qu’elle souhaite utiliser et après c’est effectivement presque au niveau éthique on pourrait des fois aller au plus simple et au moins cher… je vais citer juste un ingrédient qu’on utilise nous beaucoup dans beaucoup de nos produits c’est l’huile de chanvre. Alors il faut savoir que nous on utilise de toute façon que des matières premières bio au maximum et l’huile de chanvre on peut en trouver en bio mais qui vient de Chine – seulement c’est complètement incohérent. Mais elle est aussi, par exemple, cinq fois moins chère. Alors après c’est une histoire d’éthique et de cohérence, nous on a choisi effectivement de, si on peut trouver de l’huile de chanvre européenne ou française c’est encore mieux, bah on le fait, tant pis si elle est plus chère. Ça se répercute sur le prix du produit mais ça se répercute aussi dans la qualité du produit. Et donc Gwen va vous dire effectivement elle a un cahier des charges qui est extrêmement précis pour les fournisseurs. Après je ne cache pas qu’on rêverait d’aller rencontrer certains de nos fournisseurs, comme celui qui nous fait… on importe nous-même des poudres indiennes directement avec le fournisseur, mais bon on n’a pas encore eu la chance… Et puis c’est pas près d’arriver, à mon avis, qu’on puisse aller en Inde ! Voilà, c’est pas pour tout de suite !

GWEN : Oui, non, alors après donc pour… par rapport à la difficulté en fait c’est pas forcément difficile de trouver des fournisseurs de matière première cosmétique, ça c’est même plutôt très facile mais effectivement c’est plutôt quelqu’un qui va pouvoir proposer des matières premières qui sont éthiques avec des vraies valeurs c’est autre chose. Au niveau du commerce équitable par exemple voilà ils ont pas forcément tous les mêmes justificatifs. Même au niveau du commerce équitable il existe déjà plusieurs labels, plusieurs certificats, donc après il faut regarder un petit peu chacun. Justement par rapport à, bah typiquement le beurre de karité, voilà on peut trouver du… on peut trouver plusieurs grades différents dans le beurre de karité et chaque grade va répondre non seulement à une qualité de la matière première mais aussi à … les conditions en fait dans lesquelles la récolte sera faite, c’est-à-dire est-ce qu’on fait vraiment vivre un village de femmes ou est-ce qu’au final on esclavage toujours un village de femmes ? alors voilà, donc ça c’est des questions qui rentrent beaucoup en jeu. Donc comme a cité Fanny par exemple pour l’huile de chanvre, c’est vrai qu’on pourrait prendre l’huile chinoise : elle est bio c’est pas un problème, au niveau de l’odeur on s’y retrouve un petit peu par rapport à l’huile de chanvre française, au niveau du prix donc clairement pas du tout, et en terme qualitatif pas du tout. Et c’est vrai que c’est pas du tout cohérent d’aller se fournir en Chine quand on sait que la France est le deuxième producteur de l’Europe de chanvre… Enfin ce serait complètement incohérent en fait. Donc voilà, donc tant qu’on peut on essaie de choisir du, on va dire, « local européen ». Parce que faut pas serer, on ne peut pas non plus tout faire pousser en France, enfin y a des huiles qui sont bien précieuses mais malheureusement le territoire français ne permet pas du tout… enfin l’huile de coco en Bourgogne ça prend pas très bien par exemple.

ELISE : Ouais c’est clair !

GWEN : Parfois on nous demande si le beurre de cacao est français on répond que non, le cacaotier ne pousse pas très bien sur les terres bourguignonnes, c’est compliqué. Donc voilà et après aller à la rencontre de certains on en rêverait parce que voilà ça fait partie aussi quand même d’aller jusqu’au bout finalement, d’aller toucher la plante avant son extraction, avant sa récolte, de pouvoir vraiment rencontrer les personnes – mais s’il faut aller au Sénégal, au Burkina Faso, en Sierra Leone, en République Dominicaine, en Inde, j’en passe encore pleins, je pense qu’au final on nous voit pas beaucoup au bureau…

ELISE : C’est sûr !

GWEN : Après pourquoi pas hein, mais je pense que le banquier va se rendre compte aussi que finalement l’argent des investissement produit est parti dans des voyages, il va pas le valider non plus sur le principe.

ELISE : En effet ouais, mais après ça peut être effectivement des beaux projets à faire une fois de temps en temps entre vous c’est sympa aussi. Enfin pas en ce moment du coup. Du coup justement vous en parliez un petit peu tout à l’heure avec les problèmes de peau que vous avez rencontré avec vos enfants… du coup on se demandait en fait pourquoi… comment on explique en fait qu’aujourd’hui les consommateurs on eu une réelle prise de conscience par rapport à la composition des produits et pourquoi ils sont beaucoup plus attentifs à ça qu’il y a dix ans par exemple ?

FANNY : Je pense que le bio a fait son entrée de toute façon dans les foyers français, alors que ce soit du bio vendu en grande surface ou du bio dans des magasins spécialisés, et surtout on a appris en fait, il y a eu de plus en plus de problèmes d’allergies, même chez des gens qui à priori n’avait pas d’allergies mais « oh pourquoi d’un coup j’ai plein de boutons » ou pourquoi voilà… C’est tous les scandales en fait qu’il y a eu sur les conservateurs, sur le bisphénol dans les biberons, ‘fin les gens ont commencés à… leur éveil a commencé à se faire comme ça en fait avec le gros scandale du bisphénol dans les biberons des bébés en fait d’y a à peu près dix ans que c’est sorti. Donc de là a découlé en fait la prise de conscience de tout le monde et puis effectivement une pandémie comme on a actuellement ça n’a fait que renforcer. Nous on voit vraiment la différence hein – ça fait quatre ans maintenant qu’on travaille dans le milieu du naturel, on voit une vraie différence cette année. Et je pense que ça a commencé par la nourriture … Enfin ça a commencé par des objets du quotidien, puis par la nourriture, et là maintenant on en revient aux cosmétiques et aux produits ménagers aussi. Nous on se rend compte qu’on s’intoxique avec des produits qui sont, qui sont néfastes et pour l’homme et pour la planète.

ELISE : On va revenir en suite sur le confinement mais c’est clair que les gros scandales un peu, même alimentaires ou… ça a fait vraiment écho chez les consommateurs quoi.

GWEN : Je me permets juste une petite précision, je pense qu’il y a aussi un autre phénomène qui fait que les gens sont plus regardants : c’est l’hyper-documentation qu’on a. On a un accès par rapport à il y a 10 ans à l’information qui n’a plus rien à voir. Alors information et désinformation, c’est à dire qu’il y a 10 ans on avait moins d’infos mais on avait aussi moins de désinfos. Aujourd’hui on a accès aux deux et c’est ce qui fait que les gens se posent beaucoup de questions, sont beaucoup plus curieux, ont accès beaucoup plus rapidement à une information, et du coup ça a complètement changé leur état d’esprit. Donc on est passés d’un produit bio où c’était un produit de niche et élitiste très cher qui ne répondait pas forcément à une attente qualité du client, parce que c’était du bio et la modernité n’avait pas encore permis d’avoir par exemple des matières premières qui permettaient d’avoir un équivalent mais en bio. Alors qu’en 10 ans y a eu une grande modernité qui s’est faite, donc non seulement les gens ont accès à plein de choses, y a les applications, 60 Millions de consommateurs qui a énormément démystifié la cosmétique et la maison, tous les scandales de médicaments, effectivement bisphénol etcétéra, et je pense qu’il y a aussi l’avancée technologique qui a permis de donner aux gens un équivalent mais version naturelle qui fait que du coup les gens maintenant se prêtent plus facilement au jeu d’un produit bio qu’avant où ils achetaient du bio et avaient l’impression que ce serait pas efficace.

 

ELISE : Vous avez totalement raison de souligner ça parce que c’est hyper important. Pour revenir un peu sur vos produits, vous avez une gamme plutôt large, même si vous sortez des produits petit à petit, j’imagine que ça demande une grande réflexion et beaucoup de préparation. On a rarement vu des cosmétiques solides pour les animaux par exemple – comment vous choisissez de créer un nouveau produit ? Est-ce que ça répond à une demande de vos consommateurs ou est-ce que c’est plus une envie de votre part ?

FANNY : Alors beaucoup une envie de notre part mais on fait quand même des recherches. Pour ce produit là c’est venu des consommateurs et de nous, tout simplement parce qu’on a eu un jour un client qui nous a dit : « j’ai lavé mon chien avec Druydès, j’avais que ça sous la main, c’est pas dérangeant ? ». Ben non c’est pas dérangeant, mais cette poudre là n’est pas spécialement adaptée aux chiens. C’est donc parti d’un constat aussi, les animaux ont vraiment des produits qui peuvent être particulièrement formulés avec des produits dangereux voire toxiques, mais en fait vous aussi vous lavez l’animal avec vos mains, donc vous aussi vous récoltez de ce produit toxique sur vous, et après vous avez la mousse qui va dans la terre donc ça pollue aussi la planète. Donc c’est parti d’un constat d’un client, et moi après j’ai trouvé le concept tout simplement génial. Et je me suis dit, il faut absolument qu’on fasse un truc avec les animaux. Donc les produits peuvent partir de nous ou d’une réflexion qu’on nous a fait, mais il faut que le produit nous séduise. Il y a des produits qu’on tarde à sortir mais qu’on ne pense pas forcément nécessaire. Nous avons nos petites priorités.

Elise : Par rapport au confinement, avez-vous pu observer des changements dans votre activité pendant et suite au confinement ? Pendant le premier confinement, avez-vous eu un boom d’activité, ou avez-vous vu plus de clients arriver ensuite, des changements se font-ils remarquer ?

Fanny : Je dirais qu’on fait partie des chanceux, on fait partie de ces entreprises qui n’ont pas eu à souffrir du confinement et de la pandémie. On a pu continuer à vendre, à nos magasins. Beaucoup de nos distributeurs sont des magasins de produits alimentaires ou de produits dits « essentiels ». Donc on a eu beaucoup de distributeurs supplémentaires en fait. On a eu cette chance : on est un produit de première nécessité. Alors on n’achète pas un shampoing tous les quatre matins et ce n’est pas un produit de nécessité absolue : on peut vivre sans shampoing, mais les gens se lavent et comme ils veulent du naturel, on doit admettre qu’on en a bénéficié. Est-ce qu’on en aurait bénéficié autant sans la pandémie ? Je pense que oui. Mais on n’a pas perdu de chiffre d’affaire ni de clientèle.

Elise : En plus, nous allons en parler dans notre émission, le confinement a permis une prise de conscience par rapport au fait que les maladies peuvent venir de partout, aussi des produits qu’on utilise quotidiennement. Par exemple on a vu que des gens ont fait du DIY, ont essayé de fabriquer leurs produits, je pense que tout ça a pu renforcer la tendance des produits comme les votre en fait.

Fanny : En plus nous avec Gwen, on est vraiment hyper transparentes sur la fabrication et surtout via nos matières premières. On peut nous demander, on le dit ! Sur quelle ville ? Sur quel pays ? Et je pense que pour les clients, c’est important de savoir que c’est nous qui fabriquons, dans notre laboratoire. On suit toute la chaîne de A à Z, il n’y a pas de contamination, du début jusqu’à la fin on est là. Donc on peut nous poser des questions et on peut chercher à savoir sur, comment on emballe. Le fait d’être transparentes a beaucoup aidé par rapport à d’autres marques ou d’autres secteurs ou d’autres grands groupes où on ne sait pas d’où ça vient réellement.

Elise : Vous voulez ajouter quelque chose Gwen ?

Gwen : Je pense que le côté « fait en France » a été franchement renforcé avec le Covid. Parce que chaque pays finalement a eu sa prise de conscience et s’est dit : c’est peut-être le moment d’arrêter d’aller sur Ali Express tous les matins. Bien sûr, tout le monde est allé sur Ali Express une fois dans sa vie, tout le monde a acheté sur Amazon au moins une fois dans sa vie. Mais c’est vrai que le confinement a fait « tilt » à se dire : oui en fait finalement on peut peut peut-être trouver par chez soi, tout ce qu’il nous faut. Et du coup je pense que les gens ont eu cette prise de conscience. Après y a eu une prise de conscience qui a été conservée, et il y a eu une autre partie de la population qui a toute suite repris après ses habitudes, on l’a vu dès la sortie du confinement dans les supermarchés. Quand on a discuté avec beaucoup de distributeurs de magasins vrac, ils ont vu la différence entre pendant le confinement et après le confinement. Nous je pense qu’effectivement on fait partie des chanceux, on a pu conserver les postes de tout le monde, on a pu garantir la sécurité de tout le monde, et ça c’était hyper important pour nous. Et c’est vrai qu’on en a bénéficié. Ça a joué en notre faveur, ça n’a pas joué en notre défaveur. Ça montre qu’effectivement il y a eu une prise de conscience supplémentaire que s’il n’y avait pas eu le Covid. Mais avec tous les scandales dont on a parlé tout à l’heure ça avait déjà aidé un petit peu.

Elise : Notre dernière question : Quels sont vos futurs projets ? Qu’avez-vous prévu pour 2021 ? De nouveaux produits en vue ? Toucher une nouvelle cible ? De nouveaux points de vente autour de Dijon ?

Fanny : Je vais laisser Gwen répondre sur les futurs produits pour la laisser dire ce qu’elle veut bien dire. Parce que c’est secret chez nous, on ne s’aventure pas !

Gwen : On s’est dit qu’il faudrait augmenter la gamme de Dahü avec un shampoing pour pangolin ! *rires*

Fanny : On n’a pas pu faire de tests en vrai donc non, on va laisser tomber cette idée.

Gwen : Non, je rassure les auditeurs, il n’y aura pas de shampoing pour pangolin. Ça c’était prévu depuis un moment car qu’on sait très bien les problèmes qu’on a avec notre démaquillant solide actuel qui ne tient pas la chaleur. On a voulu jouer la carte de l’hyper, hyper puriste et du coup, ça a sa contrepartie c’est la chaleur, c’est un petit peu sa kryptonite. Du coup dès le départ on a dit qu’on travaillerait sur un nouveau démaquillant. On espère avant l’été 2021 proposer un autre démaquillant. Comme ça ceux qui veulent quelque chose d’un peu plus nettoyant, d’un petit peu plus riche, qui veulent l’emmener n’importe où et qui sera vendu toute l’année, ce sera possible. Ce sera le petit frère du premier démaquillant ! Et puis le tant attendu et tant réclamé après shampoing solide viendra, naitra normalement avant l’été 2021 aussi, on espère que la famille s’agrandira dans le temps. Voilà.

Fanny : C’est vrai qu’on a sorti deux produits là, qui auraient dû sortir en juin. Et c’est vrai qu’ils sont sortis juste là, donc du coup ça recule un peu les autres sorties de produits… Mais il va y avoir des nouveautés. On va garder le secret pour l’instant.

Elise : De beaux projets vont voir le jour. Les filles avez-vous des questions qui vous sont venues pendant l’échange ?

Léa : Moi oui j’ai une petite question, pourquoi avoir choisi de faire des cosmétiques solides plutôt que des cosmétiques qui restent basiques, liquides tout en ayant des packagings éco-responsables ?

Fanny : Je ne suis pas la chimiste mais ça je l’ai appris avec Gwen, en fait un shampoing liquide il est composé à 90% d’eau, si vous mettez de l’eau, vous êtes obligées de mettre un conservateur parce que l’eau va vite se transformer en plein de bactéries. En fait c’est tout simple, avec un shampoing solide vous éliminez toute l’eau donc déjà c’est beaucoup plus écolo dans la conception. Et après ça nous évite de mettre un conservateur, et surtout en fait vous avez que le principe actif là, vous avez des huiles et des poudres de plantes qui vont prendre soin de vos cheveux, au lieu d’avoir 90% d’eau et 0,5% d’huile qui vont prendre soin des cheveux. Et après ça nous permettait aussi d’être vendus en vrac en fait, donc sans packaging du tout.

Léa : et du coup les produits solides vous pouvez les faire combien de temps à l’avance et ça se périme en combien de temps ? Si ça se périme ?

Gwen : On va dire une durée de vie moyenne de 12 mois après fabrication. Et en général, je ne pourrais pas trop vous dire parce qu’on n’est plus en flux-tendu, avant au début on était tout le temps en flux-tendu, quand on produisait, ça partait systématiquement, maintenant on arrive à faire de l’avance et du stock. Donc je dirais qu’en moyenne ce qui part, c’est ce qui a été fait il y a à peu près un petit mois, quelque chose comme ça. Ce n’est pas comme un savon saponifié par exemple, on n’a pas une cure de 6 à 8 semaines pour faire baisser le Ph. On n’est pas sur les mêmes concepts donc même par exemple ce qui a été fabriqué il y a une semaine, l’envoyer et le vendre.

Elise : Merci beaucoup à vous !

 

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