Evoluer vers la mobilité urbaine durable

Pour le deuxième rendez-vous du Curious Live, l’émission de radio créée par les étudiants du Curious Lab pour l’année 2020/2021 et ayant pour but d’aborder des sujets au tour de l’éthique et de la responsabilité sociétale des entreprises. Cette fois-ci, Elise Jager et Eva Den Broeder, accompagnées de Jessica Quenot, Emma Barat et Anaïs Leblond, ont eu l’occasion de parler de mobilité durable.

Retrouvez le podcast en suivant ce lien : https://rcf.fr/actualite/evoluer-vers-la-mobilite-urbaine-durable et des informations détaillées sur la mobilité durable en lisant cet article.

Etat des lieux de la situation actuelle

La manière de se déplacer est un aspect essentiel de notre quotidien. En terme de distance, à Paris en 2019, les usagers des transports en commun ont parcouru en moyenne 10.8 km. En terme de durée, les parisiens passent environ 1 h par jour dans les transports en commun !

Cependant, la voiture reste un outil incontournable lorsque l’on parle de mobilité principalement dans les zones périurbaines et pour les trajets longues distances. Mais, l’usage de la voiture génère des retombées malencontreuses sur 3 niveaux : économique, environnemental et sanitaire.
              – L’impact économique se mesure avec le coût de la voiture, de son entretien ainsi que du carburant
              – L’impact environnemental correspond à une augmentation de la pollution et de la consommation d’essence.
              – L’impact sanitaire est le plus important. En effet, en 2017, en Europe, 500 000 personnes sont décédées prématurément en raison de la pollution de l’air selon l’Agence Européenne pour l’Environnement.

De ce fait, la volonté d’évoluer vers un futur sain est devenue une nécessité. La clé vers un avenir plus sain se trouve notamment dans les évolutions en terme de mobilité urbaine écologique. Les métropoles ont donc pour but principal de décongestionner leurs réseaux de transports en commun.

En 2014, un nouveau terme est apparu : « Maas », Mobility As a Service, dont le but est de faciliter le déplacement des populations dans les villes en centralisant la planification, la réservation et l’achat de titres pour les différents moyens de transport.

Donc concrètement que fait-on à l’échelle ?

Le vélo à Paris.

A l’échelle nationale, de nombreuses initiatives sont mises en place en France. On peut notamment parler du projet du Grand Paris Express, dont le but est d’étendre le réseau de transports en commun, qui permet à la capitale française d’être classée 3ème ville au monde en matière de mobilité durable, derrière Hong-Kong et Zurich.

D’après une enquête de l’Insee, l’usage de la voiture lors des déplacements entre le domicile et le lieu de travail reste prédominant. Les transports en commun sont sollicités sur les courtes ou moyennes distances, principalement en centre-ville. Cependant, de nombreux acteurs se mobilisent pour renverser la tendance et favoriser l’usage des transports en commun.

Transdev, premier opérateur européen de la mobilité zéro émission, propose une grande diversité de véhicules électriques. Lorsque le tout électrique n’est pas possible, ils s’engagent dans la conversion des parcs vers une flotte de plus en plus électrifiée.

La SNCF, quant à elle, met en place de nombreux projets innovants et durables tels que l’éco-conduite qui, en optimisant le freinage et le système d’arrêt/redémarrage automatique, permet de réduire la consommation jusqu’à 12%.

Keolis, opérateur de transports publics très engagé pour une mobilité durable met en place de nombreuses initiatives dans différentes villes. A Lille, 100 % des voyages utilisent un carburant alternatif au diesel : électricité pour le métro et le tram et gaz pour les bus urbains. A Tours, des panneaux photovoltaïques ont été installés sur le toit du Centre d’Exploitation et de Maintenance du Tramway. A Dijon, les véhicules sont lavés à l’eau recyclée.

Et Dijon dans tout ça ?

La ville de Dijon a déjà bien entamé sa transition vers une mobilité écologique. Elle se trouvait d’ailleurs parmi les quatre finalistes du concours “la Capitale Verte Européenne 2022” face à Talinn en Estonie, Turin en Italie et Grenoble, la grande gagnante.

Depuis 2011, le secteur piéton de la ville de Dijon a vu sa superficie augmenter de 60 %, ce qui permet d’assurer la sécurité des habitants mais aussi de réduire les nuisances sonores et la pollution. Il existe également 64 km d’aménagements cyclable et de nombreuses rues du centre-ville bénéficient de contre-sens cyclables. De quoi profiter de l’architecture bourguignonne tout en préservant l’environnement.

La ville s’est également fixé de nouveaux objectifs :

  • Réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030
  • Porter à 30 % la part de consommation d’énergies renouvelables d’ici à 2050.

L’une des grandes innovations de cette année 2020 est le développement de l’utilisation de l’hydrogène. Produit par les déchets ménagers de nos poubelles, il remplacera bientôt le gazole pour faire rouler l’ensemble des véhicules de service de la métropole.

De plus, le réseau de tramway s’étend sur 20 km et est totalement électrique. En plus de la navette City qui est également 100 % électrique, les bus et les trams sont électriques à près de 90 %.

Et nos voisins, qu’est-ce qu’ils font ?

De nombreuses villes européennes telles que Amsterdam ou Prague sont très avancées en termes de mobilité urbaine propre : une grande partie de leurs centres-villes sont piétons ou cyclables.

Copenhague est sans aucun doute une ville exemplaire en termes de développement écologique. En effet, la capitale danoise est la première capitale neutre en émission de CO2. Avec 43 km de pistes réservées, des autoroutes pour vélos et des ponts interdits aux voitures, la ville est le paradis des cyclistes.  A Copenhague, 4 personnes sur 5 possèdent un vélo, alors que seule 1 sur 5 a une voiture. Pour les habitants, il est tout à fait naturel de privilégier le vélo : il est plus rapide, permet d’éviter les embouteillages, il est plus facile de se garer, c’est meilleur pour la santé, moins cher et plus convivial. Des études économiques menées par la municipalité dévoilent que 230 millions d’ueors de dépenses de santé sont économisées chaque année grâce au cyclisme.

Plus généralement, la ville a mis en place un réseau de transports « verts » interconnectés les uns aux autres : trains, métros, bus, bateaux et vélos sont faits pour fonctionner ensemble et permettre aux habitants de se déplacer sans voiture dans un rayon de 80 km !

Toutes ces initiatives réduisent à 33 % l’usage de la voiture pour les trajets dans la ville. La mairie de Copenhague prévoit même de faire descendre ce chiffre à 25 % d’ici 2025.

Mais si on est obligés d'utiliser la voiture, comment faire ?

Afin de contrer les effets néfastes des carburants sur l’environnement, plusieurs initiatives sont mises en place : notamment, les moteurs hybride. Mais, ce n’est pas tout, l’hydrogène prend de plus en plus de place.

Pour fabriquer de l’hydrogène, on fait passer un courant électrique dans de l’eau afin de séparer les molécules d’hydrogène des molécules d’oxygène : c’est ce que l’on appelle l’électrolyse. Ce procédé n’émet pas de gaz à effet de serre si l’électricité est décarbonnée. Les seuls rejets d’un véhicule à hydrogène sont donc composés d’eau.

L’hydrogène se prête particulièrement aux transports lourds, tels que les bus, les trains ou encore les camions.

En 2018, le groupe EDF a lancé sa filiale Hynamics dont l’intérêt est justement de se concentrer sur la mobilité lourde. Ils ont notamment pour objectif de verdir la flotte de bus des municipalités en passant sur des bus hydrogène. Avec les sept milliards d’euros dédiés à la recherche sur l’hydrogène dans le plan de relance annoncé par Jean Castex début septembre, on va voir fleurir ces solutions à hydrogène partout en France dans les années à venir. 

Conclusion

La mobilité est un point important dans la société, que l’on soit dans les campagnes et que l’on utilise la voiture pour se déplacer, ou en ville avec les transports en commun. L’empreinte écologique de nos déplacements est très grande et pourtant il y a de nombreuses alternatives pour la réduire ! Avec le développement de la mobilité électrique, on peut continuer à utiliser la voiture si c’est vraiment nécessaire, sans pour autant polluer autant qu’avant. En ville il reste plus écologique de se déplacer autrement qu’en voiture, comme par exemple en transports en commun : une alternative non seulement mieux pour la planète, mais aussi mieux pour les autres.

Article rédigé par Anaïs Leblond.

Retrouvez plus d’actualités sur le Master et le Curious Lab sur nos réseaux sociaux !

Nos magnifiques réseaux sociaux

Découvrez notre Master